Podcast : regards croisés sur la démocratie

Bienvenue sur notre page de podcast, dédiée à la découverte d'une analyse approfondie de la démocratie. Ici, nous partageons sous une forme audio notre analyse de la démocratie des différents pays du monde, dédié aujourd'hui à un pays aux multiples facettes : La Chine. Découvrez les critères élaborés par des lycéens et rejoignez notre réflexion.

Aux origines du régime politique chinois 

 

La Chine est aujourd'hui une puissance économique mondiale majeure, mais elle est gouvernée par un système politique communiste à parti unique. Pour comprendre ce système, il faut remonter à 1949. Cette année-là, après une longue guerre civile, le leader révolutionnaire Mao Zedong proclame la naissance de la République populaire de Chine. Son objectif est de créer un Etat communiste inspiré du modèle soviétique, dans lequel un seul parti dirige le pays : le Parti communiste chinois. Depuis cette date, ce parti n'a jamais quitté le pouvoir. 

Concentration du pouvoir et rôle de Xi Jinping 

 

Contrairement à une démocratie pluraliste, où plusieurs partis politiques se présentent à des élections libres, le Parti communiste chinois est le seul parti dominant. Il contrôle les institutions, l’armée, le gouvernement et une grande partie de la société. Aujourd’hui, le dirigeant le plus puissant est Xi Jinping. Il occupe à la fois les fonctions de président de la République, de chef du Parti communiste et de chef de l’armée. En 2018, la limite du nombre de mandats présidentiels a été supprimée, ce qui lui permet de rester au pouvoir sans durée maximale fixée.

Xi Jinping, à Beijing, le 23 octobre 2022

Système électoral et limitations des libertés politiques 

 

Les citoyens chinois peuvent voter, mais de manière limitée. Ils participent à des élections locales, par exemple pour choisir des représentants de villages ou de quartiers. En revanche, les dirigeants nationaux, comme le président ou les membres du gouvernement, ne sont pas élus directement par la population. Ils sont désignés par un système indirect contrôlé par le Parti communiste et validés par l’Assemblée nationale populaire. Il n’existe donc pas d’alternance politique, car le Parti communiste conserve le monopole du pouvoir.

Libertés encadrées et contrôle social 

 

Officiellement, la Constitution chinoise garantit la liberté d’expression. Cependant, dans la pratique, cette liberté est encadrée. Certains sujets sont considérés comme sensibles, et les critiques ouvertes contre le gouvernement peuvent être censurées. Internet est surveillé, et les médias sont contrôlés. Un exemple marquant s’est produit en 2022, lorsque des citoyens ont manifesté dans plusieurs villes, notamment à Shanghai, pour protester contre les confinements très stricts liés à la politique « zéro Covid ». Certains manifestants ont brandi des feuilles blanches pour symboliser la censure. Ces manifestations ont été rapidement surveillées, et certaines personnes ont été arrêtées. Des organisations internationales comme Amnesty International dénoncent régulièrement des arrestations de militants, de journalistes ou de citoyens accusés de critiquer le pouvoir.

Il existe également des tensions avec certaines minorités, notamment dans la région du Xinjiang, où vit une importante population ouïghoure, musulmane. Des politiques de surveillance et de contrôle strictes y ont été mises en place. Le gouvernement affirme que ces mesures visent à lutter contre le terrorisme, tandis que certaines organisations non gouvernementales dénoncent des violations des droits humains.

 

 

Novembre 2022. Descente dans les rues de manifestants à Pékin, Shanghai, Wuhan pour protester contre la politique draconienne "zéro covid" imposée par le régime de Pékin. 

Légitimé et logique du régime 

 

La légitimité du pouvoir repose en grande partie sur les résultats économiques. Depuis les réformes économiques lancées à la fin des années 1970,

la Chine a connu une croissance spectaculaire. Des centaines de millions de personnes sont sorties de la pauvreté. Pour de nombreux citoyens, la stabilité, la sécurité et l’amélioration du niveau de vie sont des priorités importantes.

Le système politique chinois est également très centralisé. L’État contrôle l’armée, appelée Armée populaire de libération, qui est directement loyale au Parti communiste. Le pouvoir central exerce son autorité sur l’ensemble du territoire, y compris des régions particulières comme Hong Kong, qui possède officiellement un statut spécial, mais où l’influence du pouvoir central s’est renforcée ces dernières années.

Le droit de manifester existe officiellement, mais il est fortement encadré. Les manifestations non autorisées sont souvent interdites ou dispersées, ce qui limite la participation politique directe des citoyens. Ainsi, si l’on définit la démocratie comme un système reposant sur des élections libres, la présence de plusieurs partis politiques, la liberté d’expression complète et la possibilité d’une alternance politique, la Chine ne correspond pas à ce modèle. On parle plutôt d’un régime autoritaire à parti unique. Toutefois, le système politique chinois repose sur une logique différente, dans laquelle le Parti communiste considère que sa mission est de garantir la stabilité, le développement économique et l’unité du pays. Le débat politique existe, mais il se déroule principalement à l’intérieur du Parti, et non entre plusieurs partis concurrents.